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Le kiosque
Les ateliers numériques pour les jeunes : apprendre autrement
Apprendre en faisant, en jouant, en débattant
C'est le principe qui traverse tous ces ateliers : ils sont expérientiels. On y apprend en jouant, en discutant, rarement en écoutant un exposé. La gamification est partout : Magiciens du numérique, Fresque des écrans, Déclic, Quiz Cyber Champion, parce qu'un jeu retient plus l'attention d'un adolescent qu'un cours et parce qu'il n'est pas question de faire cours.
Les thèmes, eux, épousent les vrais enjeux du moment : apprendre à décrypter l'information à l'ère des réseaux sociaux, repérer une fausse nouvelle, mais aussi adopter les écogestes numériques car la sobriété numérique se transmet, elle aussi, dès le plus jeune âge.
Rencontrer les jeunes sur leur terrain
Un atelier ne fonctionne bien que s'il touche son public. D'où l'idée d'investir des lieux qui ne sont pas seulement des salles de classe. Les ateliers d'éducation au numérique par le sport, menés dans des clubs de foot, en sont un bon exemple : on parle d'usages numériques entre deux entraînements, sur un terrain où les jeunes se sentent chez eux.
Même logique avec la Safe Zone déployée en festival, un espace pensé pour aborder les cyberviolences dans un cadre familier et bienveillant.
Le film TKT, coproduit avec Orange Belgique, prolonge cette approche. Désormais disponible en VOD et projeté dans des établissements scolaires, il prend toute sa valeur quand il ouvre un débat : il fait vraiment se poser les bonnes questions. C’est autant le film qui compte que la conversation qu'il déclenche entre jeunes.
Un atelier phare avec la gendarmerie
C’était un atelier d’1h30 co-animé entre un capitaine de gendarmerie et moi à destination des parents d’élèves de CM2 et 6ème, organisé par un collège et une association des parents d’élèves du collège. La force de son témoignage tient à ce qu'il rend le sujet tangible. Le harcèlement en ligne, l'usurpation d'identité, le partage d'images ne sont pas de simples maladresses : ils peuvent relever de la loi. Entendre cela d'un représentant des forces de l'ordre marque les esprits.
Ce que ces ateliers cherchent vraiment à transmettre
Derrière la variété des formats, une même intention. Il ne s'agit pas d'effrayer ni d'interdire, mais d'outiller. La distinction est importante : l'OMS différencie la dépendance de l'addiction, et pour la plupart des jeunes, on se situe bien davantage du côté de la dépendance. Le sujet se déplace alors du registre de la pathologie vers celui de l'équilibre, un équilibre qui s'apprend.
C'est pourquoi ces ateliers visent un « bon équipement » qui n'est pas seulement matériel, mais aussi immatériel et épistémique : savoir ce que l'on fait en ligne, et pourquoi.
Apprendre à écouter ce que dit son corps (fatigue oculaire, saturation cognitive, montées d'angoisse) et à repérer, dans sa vie numérique, ce qui fait du bien et ce qui en fait moins. Bref, gagner en autonomie plutôt qu'en méfiance.
Pour conclure
Il reste un terrain plus discret, mais peut-être décisif : celui des imaginaires. Quelles histoires les jeunes se racontent-ils sur les écrans, sur les réseaux, sur l'IA ? Ce sont ces récits qui façonnent leurs usages, bien avant les ateliers censés les guider. De quoi nourrir, qui sait, un prochain café numérique.
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